mardi 12 août 2008

Oiseaux rares


La Route du Rock débute dans 2 jours et assurément les 3 Américains de Bowerbirds feront partie des attractions du festival. En tout cas Beth Tacular, Phil Moore et Mark Paulson qui arrivent tout droit de la Caroline du Nord ont la recette pour : Une pop-folk qui rappelle par moments Beirut avec un léger accent hispanique, un accordéon et un refrain efficace ponctué de leur presque déjà fameux "deet-deet-deet deet-deet-deet" font de In our talons un titre tubesque à souhait qui devrait avoir la cote vendredi auprès des spectateurs du Palais. Une cote qu'ils ont déjà auprès de John Darnielle, leader de The Mountain Goats qui en a fait son "nouveau groupe préféré de tous les temps". Le premier album de Bowerbirds, Hymns for a dark horse, est disponible en Europe depuis le début de l'année après une sortie uniquement américaine en 2007.
Bowerbirds sera en concert gratuit à la Flèche D'Or, le 2 septembre (Paris, 20ème)

www.myspace.com/bowerbirds

Bowerbirds - In our talons (Concert à emporter)

dimanche 10 août 2008

Un singe en liberté


A 22 ans seulement et après 2 albums avec les Arctic Monkeys, Alex Turner, sorte d'anti Pete Doherty, s'est imposé comme une valeur sûre de la pop britannique. Mais alors que Favourite Worst Nightmare commençait à essuyer quelques critiques de la part de chroniqueurs frustrés, Turner a pris tout le monde à contre-pied en montant le projet The Last Shadow Puppets avec son ami et guitariste de The Rascals, Miles Kane. A l'annonce de ce side-project, beaucoup verront dans ce premier opus du duo, un 3ème album déguisé des Arctic Monkeys, la suite des événements leur donnera tort. En effet, The Age of the Understatement est un somptueux disque de pop orchestrale qui tire ses influences aussi bien dans les 70s que dans les années 2000. Rien a voir avec les Artic Monkeys donc. Mais si cet album est ce qu'il est, c'est aussi (sans rien enlever au talent des 2 jeunes Anglais) grâce à la participation d'Owen Pallett (Arcade Fire, Final Fantasy) en tant qu'arrangeur des cordes. Alex Turner montre ainsi qu'il est bien plus qu'un simple leader de groupe pop et qu'il est capable de varier son répertoire, il signe avec The Age Of The Understatement un album nettement supérieur à ceux des Arctic Monkeys, et il n'est pas prêt de s'arrêter.

The Last Shadow Puppets - Standing Next To Me

jeudi 7 août 2008

Question de motivation

L'air de rien, cela fait 2 mois que je n'ai plus posté de billet sur ce blog, manque de temps ? Pas vraiment. D'inspiration ? Peut-être, De motivation ? Sûrement. Toujours est-il que je n'ai pour autant aucune envie de le laisser à l'abandon, il est juste en stand by jusqu'à ce que je retrouve l'envie nécessaire de parler de ce qui alimente mes oreilles ces temps-ci.
Si j'en avais la motivation, je vous parlerais de No Opera, formidable one-man-band Nancéien découvert grâce à une internaute via last.fm et dont la musique me fait passer par tout les états, de l'euphorie (Alois) à la déprime (Cytheria). Ses 3 albums sont mis par ses propres soins en téléchargement libre sur son site.
Je pourrais vous parler de Port O'Brien - découverts grâce à la même internaute - groupe Californien dans la lignée des Architecture In Helsinki et autres I'm From Barcelona et véritable remède à la morosité, impeccable pour mettre de bonne humeur.
Je pourrais aussi vous parler de Maarten que j'ai vu pour la première fois à Lokirock la semaine dernière, leur musique est parfaite et me prend vraiment au coeur, c'est sobre, c'est subtil, c'est juste magnifique. The only thing I know, sur leur premier album, est d'ailleurs une de mes favourite songs ever.
Je pourrais enfin vous parler de Balbec, groupe parisien qui a eu la bonne idée de m'ajouter à leurs amis sur Myspace et qui ne sont certes pas le groupe le plus novateur de l'année mais qui ont le mérite de me rappeler feu Beth, et c'est pas rien, croyez moi.
Mais malheureusement je ne parlerai pas de tout cela, puisque je n'en ai pas trouvé la motivation.

vendredi 6 juin 2008

Click Click


Comme Tender Forever, Le Volume Courbe ou Helluvah, Clémence Freschard est une adepte du principe du Do it yourself, en atteste déjà le package de l'album : Enveloppe faite main découpée dans un album de coloriage, carton découpé dans une boite à pizza pour protéger le cd, pochette monochrome et CD-R. Pas étonnant quand on sait que la demoiselle est une proche d'Herman Düne, lesquels demandent, pour commander leurs albums, d'envoyer le montant en espèces entre des feuilles d'aluminium pour passer les rayons-X. C'est justement avec André Herman Düne, moitié du groupe susmentionné et qui se fait désormais appeler Stanley Brinks que Clémence a écrit, composé et enregistré son deuxième album Click Click faisant suite à Alien Duck sorti en 2005, à ce duo s'ajoute Leo Bear Creek, batteur de Coming Soon.

Côté musique, l'album s'ouvre sur le très pop Off The Stage, peu novateur mais efficace, s'ensuit un surprenant They can live their lives, titre folk low-fi qui est peut-être le seul morceau agaçant de l'album et dont le chant rappelle que Freschard est bel est bien Française. Les choses sérieuses commencent avec I must be looney, qui est, de toute évidence, le titre phare de l'album qui est alors véritablement lancé dans son élan. Si l'appellation antifolk est souvent associée à Herman Düne, c'est plutôt une touche jazzy qu'apporte André HD en s'adonnant à la clarinette sur Me+Depth=2 et We'll catch you when you fall en plus d'être le bassiste de l'album. Le reste du temps, Click Click est beaucoup plus folk à l'image du très beau et très inspiré Berlin Tune, l'album se termine sur le joli Brooklyn Moon et on regrette déjà ce chant qu'on a tout de suite envie de réentendre.

Ce qu'on retient de Freschard, c'est une voix jamais poussée, toujours posée et joliment nonchalante qui donne une sensation de paisibilité du début à la fin, certains trouveront sans doute cela ennuyant, d'autres se laisseront aller à la sensibilité du chant et à la subtilité des guitares et percussions lentes.



- Freschard - I must be looney

dimanche 25 mai 2008

Californian Balloon


Entre Wii-Fit et autres Guitar Hero, la Wii a la côte en ce moment. Martin Schmidt et Drew Daniel du groupe californien Matmos, eux, doivent en être encore à la Nes, c'est en tout cas ce qu'on pourrait croire en écoutant Supreme Balloon, leur 7ème album sorti début mai. Après un album hyper expérimental (The rose has teeth in the mouth of a beast), Matmos change encore d'orientation pour se tourner vers des sonorités moins glitch et plus électro 8 bits, et bien que très futuriste, Supreme Balloon est entièrement composé avec des Korg et des Roland premières générations (années 7o voire 60). Le résultat est bluffant, des 3 perles qui ouvrent l'album au copieux Supreme Balloon (24 minutes de good-trip) en passant par le surprenant et parfait Les folies françaises, œuvre baroque originairement composé par François Couperin en 1722 et revisité par les 2 Californiens pour l'occasion. Avec cet album déroutant mais captivant du début à la fin, Matmos a pris des risques mais a réussi à prouver qu'il était possible de faire du neuf avec du (très) vieux.

- Matmos - Les folies françaises