dimanche 20 avril 2008

Divine Idylle


Alors que la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union Européenne, un débat fait rage chez les députés : Sébastien Tellier doit-il chanter en anglais à l'Eurovision ?


La première fois que j'ai entendu Divine de Sébastien Tellier, la première chose que je me suis dit c'est "ça, ça irait bien en "coming next" du Grand Journal", quelques jours plus tard, Divine en faisait effectivement le coming next, j'étais alors bien loin d'imaginer que ce titre représenterait la France à l'Eurovision.

L'Eurovision, c'est quoi ?

A vrai dire, comme beaucoup de Français, je ne me suis jamais vraiment intéressé à l'Eurovision, ce concours qui dépasse les records de la ringardise d'année en année et que la France n'a plus remporté depuis 1977 et le sempiternel L'oiseau et l'enfant de Marie Myriam. Seulement quand j'ai appris que le créateur de La ritournelle allait représenter la France au plus kitsch des concours (après les Miss France, mais c'est un autre débat), il fallait absolument que j'essaie de suivre ça un petit peu. Mais alors que le morceau Divine était choisi pour être celui que Tellier interpréterait à l'Eurovision, le député de l'Oise, François-Michel Gonnot va lancer un débat qui continue de faire du bruit : La France doit-elle chanter en anglais à l'Eurovision ? Le député UMP se dit ainsi choqué qu'un représentant de la France chante dans une autre langue que le français, La ministre de la culture Christine Albanel, pour sa part, trouve cela juste "dommage". Pourtant Sébatien Tellier au vu de ces réactions s'est déclaré être prêt à ajouter quelques paroles en français à sa chanson, cela n'a pas suffit à éteindre la polémique.



Concours Eurovision de la Chanson ?

Au vue des réactions sur la blogosphère, de nombreux Français partagent le point de vue de François-Michel Gonnot, cependant une question se pose : Le débat a-t-il lieu d'être ? Même si on peut comprendre les inquiétudes de certains concernant la langue de Molière, il faut savoir de quoi on parle lorsque qu'on évoque l'Eurovision. Même si le nom de la compétition est Concours Eurovision de la chanson, il est évident que, si à l'origine on récompensait essentiellement des voix, il en est autrement depuis les années 70 et la victoire d'Abba et encore plus aujourd'hui, il suffit de voir la victoire des Finlandais Lordi en 2005 pour se rendre compte que l'Eurovison n'est plus un concours de chanson mais une course à l'originalité voire à la ringardise. Il est donc évident qu'une prestation de 3 minutes à l'Eurovision n'est en rien représentative de la culture d'un pays et l'importance de la langue du chant est souvent reléguée au second plan derrière costumes ou autres prestations scéniques.

Un débat désuet

Ce qui interpelle, en lisant la lettre du député de l'Oise à la ministre de la culture, c'est comment un député, aussi UMP soit il, peut prendre cette farce qu'est l'Eurovision à ce point au sérieux ? Alors peut-être que derrière cette lettre, ce n'est pas seulement Sébastien Tellier qui est visé mais l'ensemble des interprètes Français qui chantent en anglais. Si tel est le cas, on peut évoquer des noms comme Phoenix, Daft Punk et plus récemment Justice, groupes français anglophones et anglophiles qui forment ce que les Anglais appellent la French Touch et qui ne semblent pas porter préjudice à la culture française, bien au contraire. En 2005, les pionniers de la French Touch, Air, avaient d'ailleurs été fait Chevaliers des Arts et des Lettres par le ministre de la culture de l'époque, Renaud Donnedieu De Vabres, personne n'avait pourtant crié au scandale. La réalité est qu'aujourd'hui de nombreux artistes français chantent dans la langue de Shakespeare parce que tout simplement ils sont plus inspirés par Tom Waits, Nick Drake, Patti Smith ou encore Bob Dylan que par Jacques Brel, la musique française actuelle est ainsi faite, il n'y a pas à en avoir honte, au contraire, cela contribue à la richesse de notre culture.

samedi 19 avril 2008

Portishead, troisième


A moins d'hiberner depuis le début de l'année, il est impossible d'ignorer que le troisième album de Portishead, sobrement intitulé Third verra le jour le 28 avril prochain. Après Morcheeba en février et en attendant le retour de Massive Attack, le trio mené par Beth Gibbons fait donc son retour après 11 ans d'absence. Pour faire patienter leur public le groupe a mis en ligne, et en streaming, un live de 40 minutes contenant 7 titres de Third qui sera en écoute intégrale en exclusivité sur le site last.fm dès lundi prochain, une semaine avant sa sortie officielle.

Portishead - Machine Gun

lundi 24 mars 2008

The Radio Dept. en septembre


On les a trop vite étiquetés de nouveaux My Bloody Valentine, Johan Duncanson, Martin Larsson et Daniel Tjader qui forment le groupe The Radio Dept. ne semblent guère se préoccuper des comparaisons et même si leurs mélodies sentent bon le Sussex et la plage de Brighton, ils sont pourtant Suédois, et on l'aurait presque oublié. Ce qui importe c'est que The Radio Dept. compose une musique aérienne venue de nulle part (en fait si, de Lun, dans le sud de la Suède) qui ne peut laisser l'auditeur insensible, d'abord à la voix de Duncansson presque murmurée, joliment discrète, et ensuite à l'alliance synthés/guitares qui signe la marque de fabrique du groupe qui a définitivement quelque chose de so brittish.
Si Pet Grief, leur 2nd album sorti en 2006 reste parmi mes albums préférés de ces dernières années, j'en attendrai encore beaucoup de leur prochain prévu pour le mois de mai septembre, pour patienter, le groupe a mis en téléchargement gratuit un (court) EP sur leur myspace. Comme si on en avait besoin pour patienter. Ouiii !

The Radio Dept. - The Worst Taste In Music


Télécharger l'EP Annie Laurie

dimanche 16 mars 2008

Boogy Bytes par Ellen Allien


Après Kiki, Sascha Funke et Modeselektor, c'est logiquement au tour d'Ellen Allien de mixer le volume 4 de la compilation Boogy Bytes sur son propre label BPitch Control, référence en matière de techno minimale. Le mix réunira des boss comme Riccardo Villalobos et Sascha Funke et des noms moins connus comme Lucio Aquilina, Kassem Mossem ou Friendly People, on y retrouvera également l'excellent groupe de Trip-Hop suédois Little Dragon qui cloturera la sélection. Au vu des noms présents et de ce qu'Ellen Allien nous a habitué sur ses précédents mixes, Boogy Bytes vol. 4 devrait être à la hauteur des 3 premiers volets. Le disque sortira le 31 mars et Sool, le nouvel album d'Ellen Allien devrait voir le jour fin mai.

dimanche 9 mars 2008

Grand Archives

Lancés par Subpop, adulés par Pitchfork, Matt Brooke et son nouveau groupe Grand Archives se préparent à être l'attraction musicale du printemps.

Quand on pense pop indé US, on pense forcément à Subpop, label basé à Seattle rendu célèbre par le succès du premier album de Nirvana, Bleach en 1989 et aujourd'hui fréquemment mis en avant grâce à des groupes aussi prodigieux que Wolf Parade, Modest Mouse, The Shins, The Postal Service, CSS, Rogue Wave ou encore Band Of Horses. En 2006, après un premier album très bien reçu par les critiques américaines, le leader de Band Of Horses, Matt Brooke quitte le groupe afin de se consacrer à d'autres projets, le plus ambitieux de ceux-ci s'appelle Grand Archives.


The Grand Archives, le premier album (presque) éponyme de Grand Archives sort en ce mois de mars 2008 et, sans être révolutionnaire, est un excellent disque d'indie pop. Comme le suggère la pochette, le piano est très présent à l'image de Torn blue foam couch, morceau qui ouvre l'album, suit Miniature birds, sympathique ballade pop-folk teintée de country. Si l'atmosphère établie sur les 2 premiers titres peine à se maintenir sur les 3 suivants, elle décolle véritablement sur A setting sun et ne redescendra plus jusqu'à la fin du disque. C'est alors qu'on découvre les différentes facettes du groupe, dub sur Breezy no breezy, un poil ska sur Louis Riel et rock sur The crime window. Mais c'est sur Sleepdriving, sublime track de pop atmosphérique dont l'ascension rappelle fortement The Funeral de Band Of Horses, que l'album atteint son apogée, comme si Elliott Smith rencontrait Ride.

Avec cet excellent premier opus faussement baroque et jouant à merveille avec les sonorités, Grand Archives a placé la barre très haute, ce qui est presque une évidence quand on connait le talent de singer-songwriter de Matt Brooke.